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vendredi 10 mai 2013

Enrique Vila-Matas



Source : El Pais.

La bibliothèque de la chambre obscure.


"Alberto Savinio était si mécontent des encyclopédies qu’il se fit la sienne pour son usage personnel. Je crois avoir fait la même chose avec la littérature de ce siècle, car chez moi, dans une chambre noire, j’ai réuni tous mes auteurs favoris. Il n’y a pas un matin où, en guise de ce que nous pourrions appeler échauffement, je ne pêche au hasard, dans l’obscurité, un tome et je ne le relise dans mon lit jusqu’à ce que monte l’un de ces désirs irrépressibles de me mettre à écrire. Ensuite, pour bien m’assurer que tout ira pour le mieux, je prends un café, j’allume une cigarette et je vais à la fenêtre depuis laquelle je peux voir toute la ville. Là je fume et je pense à la vie et à la mort, jusqu’à ce que me vienne la sensation, parfois trompeuse, d’être définitivement prêt pour l’écriture.

Je ne saurais vivre sans cette bibliothèque que j’ai constituée pour mon usage personnel, ce qui revient à dire que je ne serais rien ni personne sans ma fenêtre."

La suite à lire ici : "La bibliothèque de la chambre obscure" sur le site d'Enrique Vila-Matas.

samedi 15 septembre 2012



Les jambes de Martine 1967/1968
© Henri Cartier-Bresson

Source : l'éditeur singulier, rubrique "Reading people".

mercredi 5 octobre 2011

Comment "Le Dit du Genji" à changer la vie de Donald Keene

Un livre peut parfois changer tout le cours d’une vie. Ce fut le cas de Donald Keene, un érudit Américain dont l’existence pris un autre tournant après la lecture du Dit du Genji, l’un des plus anciens romans du monde.


Il y a 70 ans, Donald Keene est tombé amoureux du Japon en lisant Le Dit du Genji, un livre du XIe siècle relatant la vie d’un prince japonais, Genji, de la cour de Kyôto et de son fils Kaoru. Porté par un amour et une fascination incommensurables pour le pays du soleil levant, Keen décida par la suite d’étudier le japonais et d'entamer une longue carrière d’universitaire en littérature japonaise. Il vient tout juste de prendre sa retraite pour s’établir au Japon et y passer le reste de sa vie.

La grande œuvre japonaise du roman-fleuve médiéval a tout changé. Donald Keene explique à Reuters la naissance de cette passion :
« 1940 a été la pire année de ma vie. Je pense que ça a été la pire année de la vie de la plupart des occidentaux. (…) J’ai réalisé qu’un autre monde était possible [en lisant Le conte de Genji, ndlr]. Le contraste entre ma vie quotidienne, qui n’était qu’horreur, et leur monde, où tout devenait beauté avec la poésie. »

Très proche de l’écrivain Japonais Yukio Mishima, Donald Keene vit à présent au Japon, après avoir passé la plupart de sa vie à rapprocher l’Occident et le Japon par le biais de la littérature. Il a même obtenu la citoyenneté japonaise et plaisante : « J’en avais marre d’être différent. Je veux devenir Japonais, autant que me le permettra mon visage. »

Rédigé par Nathalie Gentaz, le jeudi 15 septembre 2011 à 12h05, d'après un communiqué de l'agence Reuters.
Source : Actualitté.